
L’interpellation de la Ministre de l’Action Sociale, de la Solidarité et des Affaires Humanitaires Mme ZARA MAHAMAT ISSA, le 12 novembre dernier à l’Assemblée nationale, a agi comme un véritable révélateur des zones d’ombre qui entourent la gestion de ce département stratégique.
Pour beaucoup d’observateurs, cette audition a soulevé le voile sur un mode de fonctionnement opaque qui suscitait déjà de nombreuses interrogations.
Auteure de la question orale avec débat, la députée AMINA TIDJANI YAYA, appuyée sur les articles 154 et 166 alinéa 1 du Règlement intérieur, n’a pas pris de gants. Dans un ton direct, presque tranchant, elle a livré des révélations qui ont secoué l’hémicycle.
Selon elle, en date du 23 octobre 2025, le Ministère de l’Action Sociale a réceptionné un important lot de matériels offerts par l’ONG Qatar Charity, destiné aux couches vulnérables dans le cadre de leur insertion professionnelle.
Mais selon les informations rapportées par la députée, certains de ces équipements « auraient été redirigés » vers la province du Lac-Tchad, région d’origine de la ministre.
Pire encore, d’après les « sources sécuritaires » qu’elle cite, plus d’une dizaine de moulins et plusieurs tricycles auraient pris une destination totalement étrangère au circuit officiel, avant d’être interceptés par les services compétents.
Dans l’hémicycle, la députée a lancé une série de questions qui ont claqué comme des gifles politiques :
« Qui a autorisé cette réaffectation ? Que répondez-vous à ces faits ? Si ces éléments sont avérés, il s’agit d’une faute gravissime !».
Face à cette offensive, la ministre ZARA MAHAMAT ISSA est apparue visiblement ébranlée.
Regard fuyant, réponses hésitantes, silences lourds, son attitude a laissé le sentiment d’une responsable prise au dépourvu, incapable de fournir une explication convaincante.
Pour certains élus présents, cette posture ressemblait davantage à un aveu d’embarras qu’à une ligne de défense cohérente.
En attendant des clarifications officielles, voire une enquête administrative, cette affaire jette un nouvel éclairage sur la gestion des dons humanitaires, un secteur où chaque irrégularité réelle ou supposée fragilise la confiance du public et alimente les soupçons d’abus.
Affaire à Suivre !
