
Dr Abdoulaye Sabre-Fadoul quitte, ce 21 septembre 2026, le Ministère d’État chargé des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger. Juriste, titulaire d’un doctorat en droit public de l’Université Paris-V et formé à Saint-Cyr et à Saumur, il a occupé plusieurs hautes fonctions au sein de l’État tchadien, notamment Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, des Finances et du Budget, de la Santé et de la Solidarité nationale, Ministre Secrétaire Général du Gouvernement et directeur de cabinet civil de la Présidence de la République…

Le parcours du Dr Abdoulaye Sabre-Fadoul dépasse désormais les frontières nationales. Intellectuel confirmé et juriste aguerri, il s’est forgé, au fil de ses responsabilités, une réputation fondée sur l’intégrité, la rigueur et la franchise.
En effet, dans ses gestes comme dans ses prises de parole, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul est resté fidèle à une ligne de conduite constante, celle d’un haut responsable attaché au travail, à la responsabilité et à l’intérêt supérieur de l’État. Pour l’opinion nationale et observateurs avertis de l’action publique, il figure parmi les administrateurs qui ont profondément marqué la vie publique tchadienne.

Au sein du Gouvernement, Dr Abdoulaye Sabre-Fadoul s’est distingué par sa loyauté à l’égard des institutions et par son attachement à la mise en œuvre du programme politique du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Son approche repose notamment sur une exigence de résultats et sur le souci de ne pas éluder les difficultés. Il critique ce qui, selon lui, ne fonctionne pas et s’attache, dans le même temps, à proposer des pistes de solutions. « C’est quelqu’un qui a de l’initiative. Il a surtout clairement montré qu’il est loyal au système », relevait ainsi un analyste politique.

Son passage à la tête de la diplomatie tchadienne est intervenu dans un contexte présenté comme particulièrement difficile pour le ministère des Affaires étrangères. À son arrivée, il s’est attelé à relever le défi d’une administration diplomatique confrontée à de nombreuses exigences. Il a engagé une dynamique de réforme axée notamment sur la formation et la mobilisation d’une équipe composée de professionnels et de technocrates, aussi bien dans les structures diplomatiques que dans son cabinet. Dans ses choix, il a affirmé privilégier le mérite et les compétences, au-delà des considérations d’affinités politiques ou régionales. Cette orientation a été diversement appréciée, mais elle a également suscité des réactions favorables au sein de l’opinion nationale et dans certains milieux diplomatiques.
Dans l’exercice de ses fonctions, Abdoulaye Sabre-Fadoul aura surtout cultivé une méthode fondée sur l’exigence, la rigueur et la primauté de l’intérêt général. Il a assumé ses différentes missions gouvernementales avec exigence, responsabilité et constance, tout en accordant une place importante à la recherche de résultats. Son style, marqué par la discrétion et la fermeté, lui a permis de s’inscrire dans une certaine continuité administrative, tout en portant des initiatives destinées à améliorer le fonctionnement des institutions dont il avait la charge.
Au terme du décret N°2201/PR/PM/2026 du 21 septembre 2026, il cède sa p’àace la tête du département des Affaires étrangères, désormais confié à Ahmat Kogri. Au moment de quitter ses fonctions, l’ancien Ministre d’État a choisi de saluer cette décision avec sobriété, sans polémique ni amertume. « Louanges à Allah pour toutes ses bénédictions jusqu’à la dernière. Remerciements au Chef de l’État. C’est la meilleure décision qui puisse arriver pour notre diplomatie, pour le Président et pour le pays. Bon vent à mon successeur. Qu’Allah continue de veiller sur le Tchad », a-t-il déclaré.
Une sortie empreinte de sagesse et d’élégance, qui traduit une conception du service public fondée sur la continuité de l’État. Bonne suite !
O. T
